top of page
ai-generated-IMAGE.jpg

Arthrose et exercice

Pourquoi bouger est le meilleur traitement pour vos articulations

1. Vous avez reçu un diagnostic d'arthrose. Et maintenant ?

Le médecin vous a dit que vous faites de l'arthrose. Peut-être aux genoux, aux hanches, ou dans le bas du dos. Et probablement, quelque part dans cette conversation, vous avez entendu une phrase qui ressemble à ceci : « C'est normal avec l'âge. Il faut apprendre à vivre avec. »

Ces mots ont quelque chose de définitif, presque de résigné. Et pourtant, ils ne racontent qu'une partie de l'histoire.

Parce que ce que la recherche des dernières décennies nous dit est bien différent : l'arthrose n'est pas une condamnation à l'immobilité. Dans la majorité des cas, le mouvement adapté — pratiqué correctement et progressivement — est non seulement sécuritaire, mais l'un des traitements les plus efficaces pour réduire la douleur, améliorer la mobilité et maintenir votre autonomie.

L'exercice est aujourd'hui reconnu comme un traitement de première ligne pour l'arthrose par les principales organisations de rhumatologie et de médecine sportive au monde.

Dans cet article, je vous explique ce qu'est vraiment l'arthrose, pourquoi vos articulations ont besoin de mouvement, et comment reprendre confiance en votre corps — avec l'accompagnement approprié.

2. L'arthrose, c'est quoi exactement ?

Une usure qui ne rime pas avec fin de vie active

L'arthrose est la forme d'arthrite la plus répandue. Elle se caractérise par une dégradation progressive du cartilage — ce tissu lisse qui recouvre les extrémités de vos os et permet à vos articulations de glisser librement. Avec le temps, ce cartilage peut s'amincir, se fissurer, et dans les cas avancés, provoquer une friction directe entre les os.


Elle touche principalement les genoux, les hanches, les mains et la colonne vertébrale. Et elle est effectivement plus fréquente avec l'âge — mais l'âge seul n'explique pas tout. Des facteurs comme le surpoids, les blessures passées, la sédentarité ou la génétique jouent également un rôle important.
 

Ce que les images IRM ne vous disent pas

Voici quelque chose de fascinant — et de rassurant : une étude marquante de Brinjikji et al. (2015), publiée dans l'American Journal of Neuroradiology, a analysé des centaines d'imageries de personnes sans aucune douleur. Résultat ? Une proportion considérable d'entre elles présentaient des anomalies structurelles visibles à l'IRM — dégénérescences discales, rétrécissements, modifications du cartilage — sans ressentir le moindre inconfort.
 

Ce que cela nous enseigne est fondamental : la structure visible sur une image ne détermine pas nécessairement votre niveau de douleur ni vos capacités fonctionnelles. L'arthrose peut être présente sans être invalidante. Et surtout, elle peut être gérée — voire améliorée dans ses symptômes — avec une approche adaptée.
 

En d'autres mots : ce que votre IRM montre n'est pas toujours ce que vous ressentez, ni ce que vous serez capable de faire demain.

3. Vos articulations ont soif de mouvement

Le liquide synovial : un lubrifiant qui ne fonctionne qu'en bougeant

Vos articulations sont entourées d'une membrane qui produit un liquide appelé liquide synovial. Ce fluide a deux rôles essentiels : lubrifier le cartilage pour permettre les mouvements sans friction, et lui apporter les nutriments dont il a besoin pour rester en santé.
 

Or, le cartilage articulaire n'est pas vascularisé — il n'a pas de vaisseaux sanguins qui lui livrent directement ses nutriments. Il dépend entièrement du liquide synovial pour se nourrir. Et ce liquide, lui, ne se diffuse efficacement dans le cartilage que par la compression et la décompression qui surviennent... lors du mouvement.
 

C'est une propriété physique remarquable : le liquide synovial est dit non-newtonien, ce qui signifie qu'il change de comportement selon les forces auxquelles il est soumis. Sous pression mécanique — comme lors de la marche ou d'un exercice — il devient plus fluide et pénètre plus facilement dans le cartilage. Au repos, il reste plus visqueux.

Imaginez une éponge sèche : pour l'humidifier en profondeur, vous devez la presser et la relâcher plusieurs fois. Vos articulations fonctionnent selon le même principe. C'est en bougeant que vous les nourrissez.

À l'inverse, l'immobilité prolongée prive le cartilage de cet apport nutritif essentiel, ce qui peut paradoxalement accélérer sa dégradation. En simplifiant : moins vous bougez, moins vos articulations sont bien nourries.

4. Ce que la science dit sur l'exercice et l'arthrose

Les données sont aujourd'hui abondantes et convergentes. L'exercice physique adapté présente des bénéfices mesurables et bien documentés pour les personnes souffrant d'arthrose, notamment :

  • Réduction de la douleur articulaire : de nombreuses études montrent une diminution significative de la douleur chez les personnes arthrosiques pratiquant régulièrement une activité physique adaptée, comparable à l'effet de certains médicaments analgésiques.

  • Amélioration de la mobilité : les exercices de souplesse et de renforcement permettent de maintenir et souvent d'améliorer l'amplitude de mouvement des articulations touchées.

  • Renforcement musculaire protecteur : des muscles plus forts autour du genou ou de la hanche agissent comme des amortisseurs naturels, réduisant la charge directe sur le cartilage.

  • Réduction de l'inflammation : l'activité physique régulière diminue les marqueurs inflammatoires systémiques, contribuant à un environnement articulaire moins douloureux.

  • Amélioration de la qualité de vie : au-delà de l'articulation elle-même, l'exercice améliore l'humeur, le sommeil, l'énergie et la confiance en soi — des facteurs qui influencent directement la perception de la douleur.

 

C'est sur la base de ces données que les grandes organisations comme l'OARSI (Osteoarthritis Research Society International) recommandent l'exercice comme intervention de première ligne dans la prise en charge de l'arthrose du genou et de la hanche.

5. Les deux pièges qui aggravent la douleur articulaire

Piège no 1 — La peur de bouger

« Si je marche trop, je vais user mes genoux. » « J'ai trop mal pour faire de l'exercice. » « Mon médecin m'a dit de ne pas forcer. »
 

Ces pensées sont compréhensibles — et très fréquentes. Mais elles entretiennent un cercle vicieux redoutable. La peur du mouvement pousse à l'évitement. L'évitement entraîne un déconditionnement progressif : les muscles s'affaiblissent, les articulations reçoivent moins de soutien, et les activités du quotidien deviennent de plus en plus difficiles et douloureuses. La douleur augmente, la peur aussi — et le cycle se perpétue.
 

Piège no 2 — Le repos complet

Le repos peut sembler logique quand on souffre. Pourtant, pour l'arthrose, une immobilisation prolongée est rarement la solution. Sans mouvement, le liquide synovial ne circule plus efficacement, les muscles perdent en force et en masse, et le cerveau finit par associer le moindre geste à une menace. Avec le temps, même se lever d'une chaise ou descendre des escaliers peut devenir un défi.

Le tableau ci-dessous illustre la différence entre ces deux trajectoires :

Capture d’écran 2026-05-07 185602.png

6. Quels types d'exercices sont les plus utiles ?

Il n'existe pas d'exercice miracle universel. Ce qui compte, c'est de choisir des mouvements adaptés à vos capacités actuelles, à vos articulations et à vos activités de vie. Cela dit, trois grandes catégories d'exercices sont particulièrement bénéfiques pour l'arthrose :
 

Le renforcement musculaire

Renforcer les muscles qui entourent vos articulations est probablement l'intervention la plus importante. Des quadriceps solides protègent le genou. Des fessiers forts soutiennent la hanche et le bas du dos. Plus vos muscles absorbent les chocs et les charges, moins vos articulations en souffrent. On peut commencer très doucement — avec des exercices au poids du corps comme le demi-squat — et progresser graduellement.
 

Les exercices de mobilité et d'amplitude

Maintenir une bonne amplitude de mouvement dans vos articulations est essentiel pour conserver votre autonomie. Des exercices doux de flexion et d'extension, pratiqués régulièrement, aident à prévenir la raideur matinale et à garder vos articulations fonctionnelles.
 

L'activité cardiovasculaire

La marche, le vélo stationnaire, la natation ou l'aquaforme sont d'excellentes options pour les personnes arthrosiques. Ces activités peuvent solliciter les articulations sans les surcharger, favorisent la circulation du liquide synovial et contribuent à maintenir un poids santé et une bonne santé métabolique — ce qui réduit directement la pression exercée sur vos genoux et vos hanches en plus d'améliorer votre récupération.

7. Progresser sans se blesser : la clé d'une remise en forme durable

La progression est le mot d'ordre. L'objectif n'est pas de faire beaucoup dès le départ — c'est de faire régulièrement, en respectant les limites actuelles de votre corps, et d'augmenter graduellement la charge, la durée et l'intensité.

Un principe pratique que j'utilise avec mes clients : pendant et après un exercice, votre douleur ne devrait pas augmenter par rapport à son niveau de départ. Si c'est le cas, on réduit l'amplitude, le nombre de répétitions ou la charge — et on reprend à un rythme plus doux. L'inconfort léger est normal et acceptable ; la douleur amplifiée est un signal à respecter.

Cette approche envoie un message important à votre système nerveux : bouger est sécuritaire. Et avec le temps, votre corps intègre ce message. Les mouvements qui semblaient impossibles il y a quelques semaines deviennent progressivement plus fluides, moins douloureux.

Respecter ses limites aujourd'hui, c'est se donner les moyens de les repousser demain.

8. Comment un kinésiologue peut faire la différence

Internet regorge de programmes d'exercices pour l'arthrose. Des vidéos YouTube, des fiches PDF, des applications. Certains sont bien faits. Mais ils ont tous un point en commun : ils ne vous connaissent pas.

Un kinésiologue, c'est exactement l'inverse. Son rôle est d'abord de comprendre qui vous êtes : vos douleurs spécifiques, vos peurs, vos habitudes de vie, vos objectifs, vos limitations actuelles. C'est à partir de cette image complète qu'il construit un programme qui vous ressemble et évolue avec vous.

Concrètement, voici ce que peut apporter un accompagnement kinésiologique dans la gestion de l'arthrose :

  • Une évaluation approfondie de votre condition physique et de vos capacités fonctionnelles

  • Un programme d'exercices progressif, adapté à vos articulations et à vos activités de vie

  • Un encadrement pour exécuter les exercices de manière sécuritaire et efficace

  • Des stratégies pour gérer les poussées douloureuses sans perdre de terrain

  • Un suivi régulier pour ajuster le plan selon votre progression réelle

  • Un espace pour poser vos questions, exprimer vos craintes et reconstruire la confiance en votre corps

 

Sur la Rive-Nord de Montréal, j'accompagne des adultes de 40 à 75 ans qui souhaitent retrouver leur autonomie malgré l'arthrose. La grande majorité des personnes que j'aide n'avaient pas besoin de moins bouger — elles avaient besoin de bouger autrement.

9. Vous méritez de bouger sans appréhension

L'arthrose fait partie du tableau — mais elle ne doit pas en dicter tous les termes. Des milliers de personnes vivent avec un diagnostic d'arthrose et continuent de marcher, de jardiner, de jouer avec leurs petits-enfants, de voyager, de faire du vélo. Pas parce qu'elles ignorent leur condition — mais parce qu'elles ont trouvé la bonne façon de bouger avec elle.

La science est claire : vos articulations ne s'useront pas davantage parce que vous bougez. Elles souffriront davantage si vous ne bougez plus. Avec le bon accompagnement, vous pouvez reprendre confiance en votre corps, réduire votre douleur et retrouver la liberté de faire ce qui compte pour vous.

Si vous habitez sur la Rive-Nord de Montréal et souhaitez explorer ce que l'activité physique adaptée peut faire pour votre arthrose, je vous invite à faire ce premier pas.

Reprenez le contrôle de votre vie dès aujourd'hui

Parce que le meilleur exercice pour l'arthrose, c'est celui que vous ferez — régulièrement, à votre rythme, avec le bon soutien.

bottom of page